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ACTE 4 FICHE n° 07

Semaine 07

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GRAND MAG
Il me prit en chasse au rayon « linge de maison » des galeries Lafayette.
La trentaine fixait les ondulations bleutées de sa coiffure dans un débraillé soigneusement répété. Ses yeux tristes de » latin lover » flirtant avec l’impossible amour réfléchissaient les électricités du grand magasin. Et ses lèvres, qui l’affiliaient au héros de Bilal, éveillèrent inévitablement ma curiosité désireuse.
Après quelques échanges de regard, candide pour ma part et catégorie « ais confiancesssss… » de la sienne, je m’accordais de lui offrir sa chance. Permettre au traqueur de plonger dans le traquenard de la proie est un de mes riches ravissements.
Vient vite me manger mon grand loup.
Innocemment je l’ai tiré dans ma trace vers le rayon lingerie.
En bon guerrier de bazar, il a déclenché l’attaque devant les présentoirs de bas. « Me permettriez-vous de gainer vos jambes de déesse de cette soie sauvage ? » Il ne doutait de rien. C’était parti, en voiture Arthur…
Deux heures plus tard, entièrement dévêtue j’exécutai trois tours de son « deux-pieces-cuisine » avant de retrouver ma culotte. Je me rhabillais sans me laver. J’aime exagérément conserver sur mon corps le fumet de la ripaille charnelle comme un trophée de la journée.
J’allumais une cigarette au moment où il sortait de la salle d’eau.
« Ne fumes pas chez moi s’il te plait ! Je ne tiens pas à attraper le cancer et que mon appart remugle comme un wagon de TGV. Tu comprends ? En plus c’est vulgaire une femme qui fume. » Le ton méprisant du donneur de leçon. Je n’en croyais pas mes oreilles. Le rideau baissé, les coulisses étaient affligeantes. Les transferts d’intolérance contre les fumeurs, devraient nous alarmer. Ce n’est pas le fait de ne pas finir ma cigarette qui me douchait, je ne suis pas une grosse fumeuse. Ce qui m’irritait profondément, c’est que je sentais qu’il entamait la rupture sous ce prétexte crétin.
« Sais-tu combien de paquets de cigarettes, il faut fumer pour arriver à l’équivalent de ce que recrache ton cabriolet au démarrage ? » lui ai-je exposé sans hausser la voix. Il n’a pas compris ce que je défendais, je l’ai lu sur les plis de son front. Ce n’était pas le moment de faire des parallèles sur qui pollue le plus ?
Il s’en moquait. Il souhaitait surtout me voir abandonner l’endroit au plus vite.
Je me suis rapprochée, riante, des beaux yeux du tombeur et j’ai écrasé ma cigarette dans sa bouche de con restée entrouverte.
« Tu as oublié de dire merci, mon grand loup »
Heureusement que j’étais déjà parée. Esquivant son coup de poing de justesse, je me suis catapultée dans la cage d’escalier. Sa langue devait le faire atrocement pâtir parce que ses « salope ! Pétasse ! Tarée ! » et autres délicatesses, étaient grommelées sans virilité.
Dommage, mais je n’ai pas l’intention de laisser des modes politiciennes devenir des critères de rupture.