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Lorsque
que j’étais enfant, je plaçais ma mère
sur le toit du monde, c’était ma référence,
l’amour et la justice sur cette terre hostile aux anges. Elle était
bien plus haut que dieu, ce dieu qui cherchait perpétuellement
la faute, de ses multiples yeux scrutateurs et qui pouvait me voir,
même dans les toilettes.
Ma mère était mon refuge, ma paix avec moi-même
et la culpabilité mortelle et incurable que l’éducation
religieuse m’infligeait.
Mea culpa.
Ses baisers effaçaient les malheurs comme un baume prodigieux.
Ces promesses de félicités construisaient mon futur dans
la lumière des étoiles. Bien entendu je n’étais
pas seul à bénéficier de son amour, ma sœur
et mon frère avaient leur part du gâteau quotidien. Elle était
la vérité, la déesse de notre famille, la mère
au-dessus du père…
La mère n’a pas le droit à l’erreur et quand,
un jour la déesse devient humaine sous vos yeux, tombe la déprime
de la désillusion et son cortége de contradictions…
La femme reste coupable de la projection du désir.
«
L’homme est faible. » ? ? ? … Cela aide.
Je grandissais et maman quitta peu à peu son statut de déesse
pour celui, plus mysterieux, de femme.
Vers douze ans, un matin, j’entrais dans la salle de bain sans
pensée précise et je surpris ma mère nue sortant
du bain. Je l’avais déjà vu dévêtue
des dizaines de fois. Mais ce jour-là je la découvris
désirable, humaine et belle.
Entre la honte et le désir, l’esprit se refuse à l’évidence.
L’interdiction de penser cela, d’évoquer cela, d’envisager
cela.
À
trois ans, j’avais déjà proposé, comme beaucoup
d’enfant, le mariage à ma mère. Je savais que c’était
impossible comme il est impossible de faire disparaître ou oublier
ce désir passager et pourquoi. le faire ?
A 15 ans j’abandonnais définitivement dieu, la religion,
ses péchés et la culpabilité permanente pour goûter à l’insouciance
des années 70.
Les conflits familiaux, pour acquérir ma « liberté » d’être
adolescent, m’éloignère d’une mère
aimante mais trop imprégnée d’une forme éducative
et de son rôle social : la femme au-dessous de l’homme.
J’avais un « meurtre du père » Freudien sur
le feu. Je m’en aquitais dans la douleur et l’amour.
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